NIGER : Les avocats du Niger prennent fait et cause pour les personnes arrêtées dans le cadre du coup d’état déjoué
29 mars 2017
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NIGER : Les avocats du Niger prennent fait et cause pour les personnes arrêtées dans le cadre du coup d’état déjoué

L’ordre des avocats du Niger a décidé à compter de ce lundi 11 janvier 2016 de déposer les robes pour dénoncer selon eux, l’arrestation des personnalités par la DGDSE, un service communément appelé «coordination» et rattaché à la présidence de la république. Dans une déclaration rendue publique cet après midi du dimanche 10 janvier 2016, les avocats du Niger ont menacé par rapport à ces arrestations de porter plainte contre ceux qui les ordonnent.

 

En effet, une vingtaine des personnalités civiles et d’officiers supérieurs des forces armées a été arrêtée par ce puissant service de renseignements de la présidence dans le cadre du coup d’état déjoué. En décembre passé, le chef de l’Etat nigérien, candidat à sa propre succession pour les élections de février prochain, avait dit échapper à une tentative de putsch commanditée par une poignée d’individus. En plus de ces arrestations, plusieurs personnalités politiques ont été entendues dans le cadre de cette tentative de coup d’état par la DGDSE.

 

Il y a quelques jours, l’ordre des avocats du Niger avait dans une autre sortie médiatique dénoncé les propos à caractère ethno régionalistes perceptibles dans certaines déclarations politiques et a demandé aux pouvoirs publics de sévir contre les auteurs de tels actes qui sont de nature à mettre à mal l’unité nationale.

 

La déclaration de l’ordre des avocats intervient au lendemain de la validation des quinze candidatures aux présidentielles de 2016 par la cour constitutionnelle, et à la veille du délibéré en appel sur la demande de liberté provisoire d’un des candidats aux présidentielles, Hama Amadou, candidat du Moden FA Lumana, investi en août dernier.

 

Ce dernier est actuellement en détention au niveau de la prison civile de Filingué, située à plus d’une centaine de kilomètres de Niamey, dans la région de Tillabéri. Hama Amadou a été arrêté le 14 novembre dernier à l’aéroport de Niamey alors qu’il rentrait de son exile politique d’un an qu’il a passé à Paris, en France.

 

Poursuivi comme complice de son épouse dans l’affaire dite de supposition d’enfants, Hama Amadou est également inquiété dans l’affaire de coup d’Etat déjoué, dont une enquête est actuellement en cours. Celui-ci a reçu dans le même cadre la visite des enquêteurs en décembre passé dans sa cellule de la prison civile de Kollo.

 

La validation de sa candidature par la cour constitutionnelle est perçue comme un ouf de soulagement pour lui, ses proches et les militants de son parti, car elle pourrait influencer sa demande de mise en liberté provisoire dès ce lundi 11 janvier, afin de lui permettre de préparer sa campagne présidentielle. Rappelons que Hama Amadou a déjà pris part aux présidentielles de 2011 à l’issue desquelles il était classé troisième.