mardi, 17 octobre 2017
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Le president du Niger

Les établissements publics nigériens, entendez par là les sociétés d’Etat et d’économie mixte, ont jusqu’au 31 juillet 2017 pour fermer leurs comptes dans les banques commerciales établies au Niger. Que cache cette option ?

Les raisons de cette option sont plutôt politiques avant toute volonté d’assainir les finances publiques gangrénées par des pratiques corruptives.

Les raisons d’une méthode « forte » imposée par Niamey.

Issoufou et son pré carré savent que l’argent est le nerf de la guerre. Dieu seul sait qu’ils en ont besoin dans un contexte particulièrement difficile pour eux et pour leur régime.

Pour faire face aux nombreux défis politiques, le pouvoir ne pouvait pas ne pas recourir aux méthodes fortes pour thésauriser tous les fonds publics dans un compte unique, mieux les contrôler et satisfaire ses besoins dits « régaliens ».

Outre ce calcul axé sur la survie du pouvoir et de ses principaux animateurs, on peut aussi relever une perspective, purement politique celle-là, et dont la finalité est de permettre à ce que tout l’argent public  qui dort dans les banques commerciales, soit contrôlé par le seul pouvoir de Niamey.Issoufou

L’argent est aujourd’hui pour Issoufou c’est que la houe et la hilaire représentent pour un cultivateur nigérien.

Plus Issoufou contrôle tout l’argent public, plus il aura assuré la mise en œuvre de ses nombreuses stratégies politiques visant à dompter tous les nigériens et à les mettre au pas ceux qui lui sont hostiles, à savoir ses adversaires politiques, les hommes d’affaires moins bienveillants et autres forces vives de la nation qui s’opposent farouchement à son règne depuis un certain temps.

Ainsi lorsque tous les nigériens seront financièrement asséchés, le pouvoir de Niamey peut espérer dormir tranquille et, dérouler toutes les mesures impopulaires qu’il a planifiées pour assurer sa survie politique et protéger ses arrières.

Malheureusement, c’est par de telles réflexions, que la dictature fini par s’installer dans un pays. Tout indique que le Niger, par le fait de ses propres dirigeants, va désormais droit vers sa faillite économique.

Sale temps pour les banques et les sociétés publiques

Rappelons que dans une lettre datée de 27 juin 2017, le ministre nigérien des finances, Hassoumi Massoudou avait intimé, aux directeurs des établissements publics nationaux, l’ordre de clôturer tous les comptes « à soldes créditeurs ou nuls » ouverts dans les banques commerciales.

Pour donner plus d’efficacité à cette réforme, le ministre des finances aurait également donné le même ordre à toutes les banques commerciales de fermer tous les comptes des établissements publics nationaux, a affirmé une source digne de foi.

Les banques commerciales seront les premières victimes, dès l’entrée en vigueur de cette décision, qui va limiter leurs capacités à satisfaire leurs clients. Difficile aussi pour certaines de ces banques commerciales de s’en sortir avec ce qui est en train de se passer au Niger.

Il faut aussi dire qu’avec cette perte d’autonomie financière des entreprises publiques, à coup sûr le risque d’effondrement de celles ci est désormais réel.

Vers une asphyxie générale de l’économie du pays…

Du fait de cette mesure, les relations d’affaires entre les opérateurs économiques et les sociétés publiques nationales pourraient ne plus être ce qu’elles étaient avant.

Bon nombre d’entreprises, privées notamment, seront hésitants avant de fournir un service ou un bien aux sociétés publiques dont les marges de manœuvres sont désormais réduites.

La réforme intervient dans un contexte où la plupart de ces sociétés publiques nationales ne jouissent pas d’une bonne santé financière.

Rappelons que le Niger vit une crise de trésorerie sans précédent depuis plusieurs mois. Il a été même dit que le pays vit sous perfusion des hommes d’affaires que le régime a fabriqués et engraissés.

Le niveau de mobilisation des ressources internes et externes ne fait que dégringoler depuis le début de l’année et qu’il est à ce jour très faible, comparé avec celui de l’année 2016.

Les investissements publics susceptibles de booster l’économie et la croissance sont quasiment insignifiants voire même rares.

Silence complice du patronat et des partenaires sociaux

Bien qu’ils jugent une telle mesure inique et suicidaire pour l’économie nationale, les milieux d’affaires sont restés de marbre.  Aucune réaction n’est également enregistrée dans les milieux syndicaux, un silence qui conforte le pouvoir dans sa « logique attrape-tout ».

Donc à moins que le pouvoir ne décide lui-même de revenir en arrière, et même là suite à une injonction des partenaires au développement, notamment le FMI et la Banque Mondiale, rien ne peut remettre en cause cette décision du Ministre des finances.

En demandant aux entreprises publiques d’envoyer leur argent au trésor public, le pouvoir de Niamey veut jouer sa survie. Mais c’est sans compter avec toutes les conséquences fatales qui pourraient suivre.

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