mardi, 17 octobre 2017
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Sécurité, Démographie et Changement climatique, sont les trois grandes questions qualifiées de « défis stratégiques » par le Chef de l’Etat nigérien, Issoufou Mahamadou et qui ont dominé le contenu de son adresse à la Nation d’une trentaine de minutes, ce mercredi 2 août 2017, veille de la commémoration du 57e anniversaire de l’indépendance du Niger célébrée le 3 août de chaque année.

 

Les « défis stratégiques »…

Abordant la question sécuritaire, le Président nigérien a fait cas des « attaques barbares » menées ces derniers mois sur le territoire de son pays et qui, malheureusement ont endeuillé plusieurs familles tant dans les rangs des populations civiles que dans les rangs des forces de défense et de sécurité.

Selon Issoufou, son pays le Niger demeure un « havre de paix », et ce en dépit de toutes les attaques meurtrières et multiples menaces terroristes qui sévissent dangereusement partout ailleurs sur le territoire.

A l’appui de son optimisme, il invoque la présence de la force « Barkhane » à cheval entre le Mali et le Niger, la « force mixte multinationale contre Boko Haram », ou la future « force conjointe du G5-Sahel » en constitution.

Toujours dans ce volet sécurité, Issoufou a fait pour la première fois un clin d’œil aux 39 femmes et enfants enlevés à N’Galéwa à Diffa. « J’exhorte les Forces de défense et de sécurité à tout mettre en œuvre pour créer les conditions de leur retour », a affirmé le Chef de l’Etat nigérien.

Au sujet du second « défi stratégique », le Président du Niger a passé le clair de son temps à parler de « l’éducation » des jeunes, de leur « formation » et de leur « soin ».

Enfin, la question de changement climatique est désormais un « défi stratégique » qui mérite que le chef de l’Etat s’y attarde.

Issoufou promet dans ce domaine que son gouvernement mettra l’accent sur la « gestion durables des terres », la promotion de l’économie verte, et sur la « restauration des terres dégradées ».

La construction Barrage de Kandadji, électrification rurale, vulgarisation de l’utilisation du gaz, sont les autres points qu’il a brièvement évoqués dans son message à la Nation.

Parmi tous des sujets qu’il a évoqués, « l’éducation », la « formation » et la « santé », sont apparues comme des questions qui tiennent à lui et son gouvernement beaucoup à cœur. C’est comme si de tous les secteurs sociaux de base, le domaine de l’éducation et de la santé ont reçu plus d’attention que n’importe quel autre secteur de développement. Et pourtant…

Rien qu’à se référer à cette année 2017, la situation de l’éducation et de la santé est loin d’être reluisante. Les partenaires sociaux, relevant des deux secteurs luttent en permanence pour juste réclamer leurs droits, au point où beaucoup d’entre eux mènent quasiment une « vie de clochard » du fait que le régime en place est incapable de leur assurer les meilleures conditions de vie et de travail.

Aucune allusion sur les questions qui fâchent

Contrairement à ses précédents messages livrés en pareilles circonstances, le père de la Nation a zappé sur les préoccupations qui fâchent.

Des chantiers qui ont toujours occupé une place de choix dans chacun de ses messages à la Nation ont carrément été occultés cette fois-ci. Pas de long tapage sur les « 3N », sur la centrale de Gorou Banda ou même sur le projet de construction de chemin de fer Niger-Bénin, pour ne citer que ces quelques chantiers de renaissance.

Les nigériens l’ont attendu surtout sur des sujets qui se rapportent à la lutte contre la corruption, un chantier qu’il a apparemment abandonné, parce qu'à l'épreuve des faits, lui même il s'est rendu compte qu'il ne peut pas faire rendre gorge les délinquants financiers qui ont terni l’image du pays à l’extérieur.

Pareille pour les questions liées aux libertés publiques, et spécifiquement à la liberté d’expression, qui est en train d’être étouffée au Niger au moyen des subterfuges qui sont aux antipodes de la démocratie et de l’Etat de droit.

Pourtant dans ses précédents messages, Issoufou se donnait la peine d’aborder les questions de liberté et des droits de l’Homme, de respect de la constitution, de l’indépendance de la justice.

Rien de tous ces sujets d’intérêt général n’a retenu son attention cette fois-ci. Ce n’est certainement pas un oubli. Aujourd'hui, Issoufou sait au fond de lui qu'il n’est plus qualifié à parler avec aisance des sujets qui ont trait à la bonne gouvernance et à l’Etat de droit, tellement que son régime a fini par les torpiller en posant des actes ignobles.

D’ailleurs à supposer même qu'il ait parlé de démocratie et de l’Etat de droit, en dehors de son clan et des thuriféraires du régime recrutés pour jouer aux griots, aucun démocrate sincère ne peut désormais accorder du crédit à des propos venant du Président nigérien relativement à la démocratie et à l'Etat de droit. En vérité, même avant, de tels discours visaient simplement à séduire la communauté internationale et, à se faire passer pour un démocrate hors-pair, soucieux de la démocratie et du devenir du peuple nigérien.

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Issoufou était aussi attendu sur des sujets tels que la transparence dans la gestion des ressources minières. Il a surfé sur ces deux questions comme si le peuple ne doit pas savoir grand-chose dans ce domaine minier géré en toute opacité.

Notons que ce 57e anniversaire de l’indépendance du Niger intervient à un moment où les intellectuels nigériens se demandent si leur pays jouit toujours de son indépendance, au regard de la forte propension qu’affichent les puissances étrangères occidentales à envoyer des armées pour s’y implanter.

Non seulement l’implantation des troupes militaires étrangères a eu lieu sur des bases très floues mais plus grave, c’est que le parlement nigérien, n’a pas officiellement été consulté pour donner son approbation quand, subitement les nigériens ont commencé à voir le déploiement des bases miliaires étrangères sur leur territoire.

 

 

En dehors d'Issoufou et son clan, aucun responsable politique ne peut dire avec exactitude la base légale sur laquelle ces bases militaires étrangères ont été autorisées à s'installer sur le territoire nigérien. Mieux, personne ne peut dire comment leur venue a été négociée, c'est quoi leur mandat au Niger et la durée de leur mission ?

 

Fort de tout cela et convaincu d'être en territoire conquis, le gouvernement français entend désormais faire d'une partie de ce territoire nigérien un camp à part entière de concentration des immigrés et des réfugiés. Il y a quelques années, aucun nigérien ne peut même dans un rêve imaginer un tel recul en arrière et une telle banalisation de la souveraineté de son pays.

ningerdepeches.info

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