ATTAQUE DU SIEGE DU PNDS-TARAYYA : A qui profite le crime ?
29 mars 2017
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FN BAN

ATTAQUE DU SIEGE DU PNDS-TARAYYA : A qui profite le crime ?

Deux des trois hommes armés, qui ont ouvert le feu dans la nuit du dimanche à lundi 14 décembre 2015 sur des éléments de la police en faction devant le nouveau siège en construction du principal parti au pouvoir et blessé, le Pnds-Tarraya, auraient été appréhendés, si l’on en croit une information publiée mardi 15 décembre 2015 sur les réseaux sociaux.

 

Le véhicule qui a servi à cette opération aurait également été identifié, indique la même source. Les premiers indices et l’arrestation des hommes armés permettront normalement d’en savoir plus sur cette attaque qui n’est apparemment pas l’œuvre des éléments terroristes de la secte Boko Haram.


Pour rappel, "Le bilan de l'attaque" est d'un policier blessé par balles et évacué aux urgences de l'hôpital de Niamey", a expliqué le porte-parole de la police nationale à la télévision d’Etat, avant de préciser qu’un des trois hommes armés portait une "tenue treillis", le deuxième circulait sur "une moto" et le "troisième était à bord d'une voiture Mercedes noire".


Ce n’est pas pour la première fois en deux ans que de tels incidents, sont enregistrés dans certains quartiers de Niamey. Tout indique que cet incident, comme les premiers, est suscité par la tension politique entre opposants et dirigeants du pays, une tension qui est monté d’un cran depuis le 14 décembre dernier avec l’arrestation de Hama Amadou, président du Moden FA Lumana.


Par le passé, des scènes criminelles similaires ont été enregistrées à Niamey et ont toutes porté préjudice soit aux hommes politiques soit à leurs biens.


En octobre dernier, un incendie d’origine criminelle s’était déclaré au siège du groupe parlementaire du principal parti au pouvoir, le PNDS. Dans la nuit du lundi à mardi 20 mai 2014, des individus armés avaient ouvert le feu sur le domicile du 4ème Vice-président de l'Assemblée Nationale, M. Mohamed Ben Omar. Au même moment, des individus, à bord d'une voiture de marque Mercedes de couleur noire, avaient lancé trois (3) bidons d'essence enflammés à l'intérieur du siège du parti PNDS aux environs de 3 h du matin. Dans la nuit du 16 au 17 février 2014, une attaque à balles réelles a eu lieu au domicile du président de l’Assemblée nationale, Hama Amadou. D’autres coups de feu ont été entendus dans la nuit du 24 au 25 février 2014, cette fois ci aux environs du domicile du domicile de Hama Amadou.


Les autorités en charge de la sécurité intérieure avaient dit diligenter des enquêtes afin d’identifier leurs auteurs à la suite de tous ces incidents criminels. Néanmoins à cette date, rien n’a filtré desdites investigations de la police. C’est pourquoi dans les milieux politiques, notamment ceux proches des opposants, de tels actes sont rarement pris au sérieux en dépit de leur gravité. Mieux, certains opposants assimilent ces scènes à des montages grossiers dans le seul but de jeter de l’opprobre sur les responsables politiques de l’opposition ou détourner l’attention des citoyens nigériens des véritables préoccupations du pays.


Depuis près de six mois, les débats sociopolitiques sont dominés par des jets d’invectives entre majorité au pouvoir et opposition politique et tous se rapportent aux préparatifs des élections générales de 2016, et les menaces d’emprisonnement qui pèsent sur certains opposants, notamment Hama Amadou, poursuivi et arrêté dans le cadre de l’affaire dite de trafic des nourrissons. Dans un tel climat délétère, tout peut arriver si l’on ne prend garde. Le pire, c’est surtout le recours aux armes à feu comme mode de règlement de compte qui inquiète le plus.