SCRUTIN PRESIDENTIEL AU NIGER : Les candidatures les mieux cotées…
29 mars 2017
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FN BAN

SCRUTIN PRESIDENTIEL AU NIGER : Les candidatures les mieux cotées…

Avec un fichier débarrassé de symptômes de fraudes et une liste des présidentiables proprement validée par la cour constitutionnelle, le Niger est désormais sur le bon chemin pour réussir l’organisation des scrutins non truqués dans les prochaines semaines.

 

A moins d’un renoncement volontaire de certains candidats issus des partis de moindre envergure, (renoncement qui pourrait être suscité par des arrangements politiques entre grands et petits partis), tous les 15 candidats prendront normalement part à cette course à la présidentielle. Mieux, le nombre pléthorique des candidatures validées par la cour constitutionnelle le samedi 9 janvier permet désormais de ne plus croire à l’éventualité d’une élection présidentielle en un seul tour, comme c’était le cas en Guinée Conakry, en Côte d’Ivoire et récemment au Burkina Faso.

 

Comme lors des précédents scrutins présidentiels, il ne faut surtout pas s’attendre à un «vote utile», où deux à trois candidats se partagent à eux seuls l’essentiel des suffrages. La probabilité de gagner en un «coup K.0» est presque impossible et ce, en raison d’un certain nombre de contingences sociopolitiques qui ont chamboulé tous les calculs du parti au pouvoir et de son candidat.

 

Parmi ces contingences on peut noter le rejet par les partis membres de la MRN du projet de candidature unique du président sortant. A cette date, seul l’ANDP Zaman Lahiya, (membre de la MRN), et quelques petits partis ont annoncé officiellement leur soutien à cette candidature unique de Mahamadou Issoufou. A côté de ces soutiens, on note également le ralliement d’autres nouvelles formations politiques non membres de la MRN. Il s’agit du MPR-Jamhuriya d’Albadé Abouba, l’ADN Fusaha de Salah Habi et l’AMEN Ameen de Ladan Tchiana. En dehors de MPR, qui a apparemment une assise nationale, en termes de poids électoral les deux autres partis ne représentent pas grand-chose au plan national. Qu’à cela ne tienne, leur ralliement sera d’un apport considérable pour le président Issoufou dans les localités où ils sont présents.

 

Le parti Zaman Lahiya a également annoncé son soutien en faveur de la candidature de Mahamadou Issoufou. Sauf que ce soutien parait hypothétique si l’on en croit certains militants de ce parti qui avaient dit ne pas être associés dans la prise d’une telle décision. Des responsables, pas de moindre, de cette formation politique, ont rassuré certains opposants, de leur volonté de saborder le soutien de l’ANDP, en donnant une consigne de vote contraire. C’est dire qu’au niveau de la commune urbaine de Dosso, qui est le bastion attitré de l’ANDP, tout n’est pas gagné d’avance par le parti au pouvoir. Si d’aventure la saute d’humeur de ces responsables de l’ANDP se maintient jusqu’aux élections de février prochain, des partis comme le Moden FA Lumana et le MNSD-Nassara peuvent influencer les votes des militants ANDP en faveur de leurs candidats respectifs.

 

Par ailleurs, on sait que des partis comme le CDS-Rahama d’Abdou Labo, le RSD-Gaskiya de Cheiffou Amadou, et l’UDR-Tabbat d’Amadou Boubacar Cissé ont présenté des candidats dans le seul but d’opposer une fin de non recevoir à la candidature unique de Mahamadou Issoufou. Il se raconte en coulisse que ces candidatures constituent pour ces partis et leurs leaders un bon prétexte pour quitter la MRN, gangrenée par un climat de défiance depuis plus de deux ans. Si on n’invoque pas la caporalisation du monopole de prise de décision par le parti au pouvoir, c’est qu’assez souvent les leaders de la MRN dénoncent tout bas le non respect des engagements par les tenants du pouvoir vis-à-vis de leurs alliés.

C’est pourquoi Abdou Labo, Amadou Boubacar Cissé et Cheiffou Amadou sont considérés comme étant des frustrés du régime qui sont prêts demain à renoncer à leurs candidatures pour soutenir un des candidats de l’opposition.

 

Selon nos sources, les leaders de ces partis cités et ceux de l’opposition se rencontrent régulièrement ces derniers jours en vue de parler de leur avenir politique, apprend-on. Même au cas où ils maintiennent leurs candidatures au premier, c’est qui est sûr au second tour, ils vont serrer les rangs derrière un des leaders de l’opposition qui passe au second tour, car le divorce entre eux et la MRN semble être définitif à ce jour.

 

Une autre donnée politique qui a réduit les chances du candidat du PNDS-Tarraya à gagner le pari de sa réélection en un seul tour, est certainement la création du parti MPN-Kiishin Kassa composé en majorité des centaines de milliers des militants du PNDS issus des régions de Dosso, Maradi, Niamey et Zinder, pour ne citer que ces quelques régions.

 

Avec à leur tête l’ancien directeur de cabinet adjoint du président de la république, Ibrahim Yacouba, aujourd’hui candidat aux présidentielles de 2016, les responsables du MPN ont d’abord milité au sein du PNDS et individuellement pris chacun d’entre eux a un poids électoral dans la localité où il milite. Mais ils ont du quitter le parti au pouvoir, soit parce qu’ils ont connu une frustration au sein du PNDS, soit parce qu’ils ont voulu manifester leur solidarité à M. Ibrahim Yacouba, aussitôt après son exclusion du parti le 26 août 2015 par le présidium du PNDS-Tarraya. Son parti le MPN est désormais en ordre de bataille aux côtés des grands partis comme le MNSD, le Moden FA Lumana.

 

Les candidatures les plus cotées sont celles du président sortant, Issoufou Mahamadou, candidat du PNDS-Tarraya (qui a obtenu près de 37% en 2011), de Seïni Oumarou (qui a eu un score autour de 20% en 2011), de Hama Amadou (qui a récolté près de 18%), de Mahamane Ousmane, qui se présente sous la bannière d’un autre parti méconnu des nigériens et des électeurs, mais qui pourrait réaliser un exploit.

 

La victoire en un « coup K.0 » est très difficile du fait des contingences énumérées plus haut. Malgré tout, le président sortant peut revenir avec son score de 37% ou même franchir le cap de 40%. Le candidat du MNSD, Seïni Oumarou va à ses élections très affaibli par le départ des grands ténors de son parti et dont leur poids politique n’est pas à négliger.

 

Le MNSD est certes un baobab tant il s’est enraciné sur toute l’étendue du territoire, a-t-on coutume de dire. Néanmoins, les déboires judiciaires qu’il a connus durant les deux dernières années lui ont fait perdre des plumes. C’est pourquoi, ce parti risquerait de perdre sa place de deuxième comme ce fut le cas en 2011.

 

La grosse surprise lors de ces élections de février prochain va certainement être la candidature d’Ibrahim Yacouba, candidat du MPN, qui pour le moment ne connait pas son poids électoral. Toutefois, sous réserve du scrutin présidentiel, les militants du MPN espèrent par leur vote faire bouger les lignes et arracher à leur candidat, l’ancien directeur de cabinet d’Issoufou Mahamadou, au moins la troisième ou la quatrième.

 

Le MPN dispose de deux véritables bastions, à savoir l’Aréwa qui est un gros réservoir électoral et Maradi, où il compte réaliser d’excellents scores. Ce sont donc ces différentes candidatures qui vont être en tête lors de ces présidentielles.