ELECTIONS LEGISLATIVES 2016 : «L’Impunité parlementaire à tout prix»
29 mars 2017
French Arabic English

FN BAN

ELECTIONS LEGISLATIVES 2016 : «L’Impunité parlementaire à tout prix»

Ministres de la République, Directeurs Généraux des sociétés d’Etat, les hommes du président et autres éminences grises du régime de la renaissance, ont observé un arrêt de travail pour se lancer dans la bataille des élections législatives.

Au gré de cette élection, beaucoup d’entre eux sont sûrs d’être élus députés et de bénéficier de la fameuse immunité parlementaire. Ici au Niger, ce privilège que la loi accorde à un député national est considéré comme une «impunité» et à la limite le droit de «ne pas répondre de ses actes devant la justice».


Comme lors des précédentes législatures, celle qui est en train de se former actuellement permettra à tous les délinquants du régime de la 7ème République de narguer le peuple. C’est un secret de polichinelle, le statut de député a été conçu tel que nul juge ne peut se hasarder à appréhender un député. Plus qu’une simple «barrière judiciaire», cette immunité parlementaire profite non seulement aux députés qui en bénéficient, mais leurs proches également peuvent tout se permettre sans être inquiétés.


C’est avec un tel état d’esprit que, la plupart des ministres et DG des sociétés d’Etat, sur lesquels d’ailleurs pèsent des gros soupçons de vol des biens publics, se sont lancés dans la recherche des suffrages pour se faire élire député national, en utilisant les moyens de l’Etat. Au niveau du PNDS-Tarayya et de ses partis alliés, quelques  ministres et DG des sociétés d’Etat se sont arrangés à se présenter auxdites élections législatives, et ceci avec la complicité du pouvoir en place, pour jouir de cette «impunité légale». N’ayant aucun idéal à défendre face aux électeurs, beaucoup d’entre eux mettront à profit cette occasion pour dépenser l’argent volé en toute impunité, soit dans l’achat consciences, soit dans le financement des opérations de fraude électorale.


Par le passé aussi, c’est aussi de telle façon que le régime de Tandja Mamadou a réussi à protéger ses ministres et DG voleurs, contre la justice. Cette stratégie a beaucoup contribué à l’avènement d’un règne de l’impunité au Niger, au point où des Directeurs Généraux véreux de société et autres bandits d’Etat rêvent aujourd’hui de bénéficier du même privilège que les parlementaires.


Avec l’arrivée d’Issoufou Mahamadou au pouvoir en avril 2011, les nigériens qui ont soif de la justice avaient fondé l’espoir de voir la fin de telles pratiques qui ont corrompus l’Etat. A l’épreuve des faits, on s’était vite rendu compte que le régime d’Issoufou Mahamadou n’a pas non seulement l’intention de mettre fin à cette pratique, mais surtout Issoufou et son entourage se sont faits des nouveaux amis parmi les gros voleurs de la République. Opérateurs économiques mafieux, trafiquants de drogue, et autres agents corrompus, y ont trouvé refuge et n’ont jamais été inquiétés malgré la gravité des actes qu’ils ont posés. Bon nombre de ces délinquants, sont actuellement en train de se pavaner derrière le Président de la République à la recherche des suffrages des nigériens. Le fait de pactiser avec ces voyous de la République a beaucoup desservi Issoufou Mahamadou, lui a qui avait pourtant promis de lutter contre l’impunité.


C’est là une des principales raisons qui a amené bon nombre des nigériens à lui tourner le dos et à ne plus prendre au sérieux tout propos venant de lui. Si le Président de la République avait sévi contre les voleurs de la République, nul doute qu’il n’aura même pas besoin d’une grosse propagande politique pour assurer sa réélection à la magistrature suprême du pays. Le fait pour lui de ne pas livrer à la justice les voleurs tapis dans son régime a vite été perçu par d’autres voleurs du régime de Tandja Mamadou comme un aveu d’impuissance.


Du coup, tous ceux qui ont des casseroles et qui se sont terrés dans leurs coins de peur d’être arrêtés après la chute du régime de Tandja et même après l’accession de Mahamadou Issoufou au pouvoir, ont fini par se convaincre que ce régime n’est pas là pour assainir les finances de l’Etat.  Mieux, il n’est pas rare de voir un ancien ministre pourri ou un ancien DG voleur, traiter tel ou tel responsable politique de délinquant financier. Finalement, les dignitaires du régime de Tandja, qui sont pour la plupart à l’opposition aujourd’hui, ont réussi à redorer leur blason en passant le clair de leur temps à dénoncer la mal gouvernance et à imputer tout vol des biens de l’Etat à Issoufou Mahamadou et à son régime. Au gré de cette campagne de dénonciation, les opposants ont fini par apparaître aux yeux du peuple comme des gens propres, qui n’ont jamais volé l’Etat.

 

Curieusement, un nombre important des nigériens croit que finalement que les bons dirigeants sont du côté de l’opposition.
A vrai dire, la ruse politique de l’opposition a bien marché. Malgré toutes les réalisations du régime de la renaissance, en passant par les constructions des nouvelles routes, échangeurs, création d’emplois, constructions des forages, et autres investissements rares, l’image d’Issoufou Mahamadou et sa suite a gravement été affectée par les critiques de l’opposition. A l’allure où vont les choses, avec la vague de désenchantement signalée ça et là contre le PNDS et son candidat, dans un contexte électoral, Issoufou Mahamadou aura fort à faire pour assurer sa réélection pour un second mandat.
S. LAMINE