lundi, 16 juillet 2018
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Parler de la fraude des hydrocarbures est-il devenu un sujet tabou au Niger ? C’est en tout cas l’impression que l’on a aujourd’hui quand on analyse les réactions de certains communicants du pouvoir en place qui confondent critiques et animosité. La fraude dans le secteur des hydrocarbures est bien une réalité et le débat sur cette question est loin d’être clos à plus forte raison être dissimulé.

Tout le monde l’a dit, si l’on ne prend garde, la SONIDEP, société chargée d’écouler sur les marchés nigériens les produits pétroliers, va inévitablement en faillite à l’allure où évolue le phénomène. C’est surtout l’usage des fausses plaques d’immatriculation par les propriétaires des camions citernes qui fait grand bruit à la SONIDEP.

Selon nos sources, il existe dans le secteur de transport des hydrocarbures des camions citernes qui disposeraient de trois (3) à cinq (5) fausses plaques d’immatriculations au lieu d’une seule. Le fait de disposer de nombreuses plaques permet au camionneur de tromper la vigilance des agents chargés de contrôler les mouvements des citernes déclarées à l’export, ajoute notre source.

On estime à près de 18.000 camions citernes qui sont en partenariat avec la SONIDEP. Seulement cette société d’Etat, même si elle fait de son mieux, elle a du mal à contrôler les mouvements de tous ces types citernes dotées de plusieurs plaques d’immatriculation. Une situation qui fait le bonheur des hommes d’affaires nigériens relevant du secteur de vente et de transport des produits pétroliers.

C’est qui est aussi inquiétant, c’est que même les autorités chargées de mettre fin à cette forme de fraude donnent l’impression d’être impuissantes face à ce phénomène. Du coup, le réseau de fraude s’élargie chaque jour avec notamment l’arrivée des nouveaux fraudeurs qui font des reversements un peu partout sur le territoire national.

Ces types de fraudes, qui consiste à disposer des nombreuses fausses plaques d’immatriculation tout comme le reversement des hydrocarbures,  ne peuvent être possibles que si les fraudeurs bénéficient de complicités dans le dispositif qui de contrôle des mouvements de ces camions citernes qui ont un partenariat avec la SONIDEP.

Dans la pratique on sait qu’il est délivré à tout camion citerne autorisé à exporter du carburant un bon de chargement et en fonction de chaque destination.

En principe au niveau de toutes les frontières terrestres où sont sensés passer ces citernes, la SONIDEP a placé ses agents qui travaillent de jour comme de nuit avec des douaniers. Leur mission consiste à récupérer les bons de chargement en prenant soin de ne pas se tromper sur les numéros d’immatriculation de ces citernes. Ces bons rassemblés à la sortie sont par la suite retournés à la SONIDEP où d’autres agents procèdent régulièrement à des vérifications en les confrontant avec les doublons qui sont mis à leur disposition par la SORAZ.

Normalement si les contrôles sont bien effectués aucune citerne, même si elle dispose d’une fausse plaque d’immatriculation, ne peut tromper la vigilance des agents de contrôle. D’ailleurs ces derniers sont sensés signaler à la direction générale de la SONIDEP tout défaut d’enregistrement d’une citerne déclarée à l’export.

Leurs collègues qui ont leurs bureaux dans les locaux de la SONIDEP, et qui relèvent d’un second niveau de vérification, sont sensés aussi remonter l’information au niveau de leur hiérarchie. Et ainsi de suite…

Comme on peut le constater, le reversement des hydrocarbures ne peut s’opérer sans la complicité de toute la chaîne de contrôle.

Les fraudeurs ne sont pas seulement maîtres sur le terrain. Au niveau de l’administration centrale également, ils jouent bien leur partition. En effet, il n’est pas rare d’entendre certaines personnes proches de ce secteur des hydrocarbures invoquer à tort ou à raison l’influence qu’ont les fraudeurs sur des décideurs politiques.

Le simple fait pour les autorités en charge du secteur des hydrocarbures de ne rien entreprendre jusque-là pour combattre au mieux ce fléau en dit long sur la puissance du réseau des fraudeurs des hydrocarbures.

Le risque ici, c’est qu’au-delà de la recherche du gain facile, la fraude des hydrocarbures fait aussi le bonheur des groupes terroristes dissimulés le long des frontières que le Niger partage avec ses voisins et qui peuvent facilement s’approvisionner en carburant chez les spécialistes de reversement.

Article réécrit à partir d’une enquête publiée dans l’Hebdomadaire « La Gazette » N°42 paru le 06 Février 2017

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