mercredi, 21 février 2018
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Issoufou bienveillant

Le Chef de l’Etat français Emmanuel Macron a quitté Niamey la capitale du Niger en début d’après-midi aux environs de 15H30. A son arrivée, le protocole tout comme l’ambiance qui a régné sur le tarmac de l’aéroport de Niamey prouve à suffisance qu’Emmanuel Macron était en visite sur un territoire totalement contrôlé par son pays la France.

D’abord quand l’avion présidentiel a atterri, après les différents contrôles d’usage, il a fallu quelque 5 minutes pour qu’Emmanuel Macron apparaisse, une attente qui a laissé Issoufou perplexe et les officiels qui l'accompagnent. Même constat chez les agents au sol de l'aéroport restés médusés devant une telle scène insolite.

Ensuite un autre signe qui enlève à cette venue de Macron son caractère de visite d'État est cette absence très remarquée de la cohorte des députés et ministres auxquels il est fait appel assez souvent pour grossir les rangs des officiels à de telles circonstances.

Seuls quelques ministres triés sur le volet, eux mêmes choisis en considération de l’esprit de la visite, ont été aperçus à cet accueil hors du commun, d’un chef d’état français, qui se conduit plus en dirigeant des dirigeants des pays comme le Niger de Mahamadou Issoufou.

Enfin ceux qui ont regardé les images de la télévision d'État du Niger et les chaînes de télévisions françaises ont du constater que le passage en revue des soldats nigériens a été zappé du protocole. Rituel pourtant indispensable lorsqu’un pays souverain reçoit un chef d’Etat étranger. Seuls quelques bouts de tapis rouge ont été jetés au sol pour embellir la passerelle qui mène au salon d'honneur.

Les honneurs militaires ont été délocalisés au niveau de la base logistique des soldats français. C’est là-bas qu’il y a eu prise d’armes et passage en revue des soldats français de la force Barkhane.

Macron avec les soldats franaisParlant de ce séjour annoncé en grandes pompes, il faut dire qu’il n’a duré que 20 heures, dont plus de 16 heures ont été consacrées aux éléments du détachement aérien de l’armée française qui ont fait des tentacules dans les coins et recoins de l’aéroport militaire de Niamey. Le reste de temps, pour ne pas dire le temps d’une escale technique, est consacré à un semblant de visite d’Etat au Niger.

Les medias français ont eux parlé plus de «repas de noël» offert par Macron, «de réveillon avec 700 soldats» ou encore de «l’anniversaire» du jeune président célébré hors des vues des dirigeants nigeriéns. Tous se sont gardés de parler de «visite d’Etat». Et ce n’est pas à tort s’ils n’ont pas fait cette allusion.

Donc, ce que les dignitaires du régime ont pompeusement qualifié de «visite d’amitié et de travail au Niger», avait en vérité plus l’allure d’une scène d’abaissement de la souveraineté du pays, sous les regards bienveillants du premier patron du pays.

Face aux soldats engagés dans l’opération Barkahne au Sahel, le président français a dit tout le soutien de la France avant de décliner les grands axes de leur mission qui est une priorité pour la France. Il a parlé de «la sécurité de la France» qui se joue désormais au Sahel. Emmanuel Macron considère même que « une partie de l’avenir de la France » est au Sahel. C’est pourquoi selon lui, cette partie de territoire ne doit pas être laissée aux « terroristes ». Voilà qui confirme le pourquoi de la militarisation des zones stratégiques du Niger par les grandes puissances telles que la France, les États-Unis, l'Allemagne et bientôt l'Italie.

En visitant les soldats français du Niger, le Chef de l’Etat français ne voulait certainement pas laisser les Etats-Unis d’Amérique seuls jouer leur influence au Sahel et particulièrement au Niger, pays pourvoyeur d’importantes matières premières, dont l’uranium que son pays exploite depuis plus d’une quarantaine d’années pour son propre bonheur, sans que le Niger ne profite sérieusement des retombées financières issues de la vente de son uranium.

Le président Emmanuel Macron n'a quitté sa résidence de la base aérienne qu'aux environ de 11h où il a passé la nuit, pour se rendre au palais du président nigérien.

A l’ordre du jour de cette rencontre, des sujets sensibles au Niger, à savoir la «scolarisation de la jeune fille», «l'intégrisme religieux», et de la «forte natalité » ont été largement débattus.

Le développement du Niger, un des pays les plus pauvres de la planète, en proie à l’extrémisme violent et aux menaces terroristes, passe selon les deux chefs d’Etat par la maitrise totale de ces sujets (…) qui fâchent la Oumma islamique nigérienne. Ce qui laisse déjà penser à un dialogue de sourds entre le président nigérien et les différentes communautés nigériennes du pays fortement islamisées.

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