Issoufou 03 aout 2019Le Niger a fêté ce samedi 03 août 2019 le 59eme anniversaire de son indépendance, qui donne lieu chaque année à un vaste appel à la plantation d'arbres.


La célébration de cette fête qui, jadis était l’occasion pour le pouvoir de communier avec le peuple, passe quasiment inaperçue ces dernières années.


A la veille de ce 03 août, rares sont les citoyens nigériens qui ont répondu à l’appel de plantation d’arbres lancé par les autorités du pays.


Alors qu’en ces heureuses circonstances, les citoyens et dirigeants des pays ayant arraché l’indépendance presqu’au même moment que le Niger, préparent cette fête dans la joie et l’allégresse.


Qu’y a-t-il chez nous au Niger pour que l’ambiance de grand-jour soit mitigée ?


En vérité, cette situation qui ne dit absolument rien à aucun dirigeant de ce pays, alors qu’elle devait interpeller tout homme d’Etat, est l’expression d’un malaise national que vit le Niger depuis plusieurs années.


En effet, si les citoyens nigériens sont de moins en moins enthousiastes pour la célébration d’une fête de si grande importance pour la vie d’un pays comme le Niger, c’est qu’il y a bien une raison.


Il faut dire que ce je-m’en-foutisme remarqué chez un grand nombre des citoyens nigériens trouve son explication dans les rapports assez conflictuels que le pouvoir en place entretient aveuglement avec d’autres citoyens dans un même pays, du fait de leur choix politique.


Les partisans du pouvoir croient honteusement que la gestion du Niger est de leur ressort, de ce fait, nul ne peut leur disputer la gestion des affaires de l'Etat ni même les critiquer ;


L’opposition politique et ses militants éprouvent chaque jour le sentiment de rejet du fait de leurs opinions politiques ;


Le pouvoir lui-même refuse de transcender des clivages politiques, se conduisant au quotidien comme le gérant d’une cause partisane ;


En effet, quand on a de tels individus, qui au nom de leur appartenance politique, affichent du mépris pour tous ceux qui ne pensent pas comme eux, l’on ne peut qu’avoir au finish un peuple divisé.


Dans un pays, où l’adversité politique a fini par créer des clivages dans tous les secteurs d’activités et en particulier au sein de toutes les sociétés, l’on ne peut que s’heurter à de pires moments d’insouciance.


Même quand la situation exige de chaque citoyen nigérien, le pardon et la solidarité, ils sont nombreux les acteurs politiques et bien d’autres sensibilités sociales qui s’en moquent éperdument, tellement que l’antagonisme entre les citoyens et leurs dirigeants actuels est assez profond.


Des nombreux moments forts, qui en temps normal, auraient pu faire converger tous les esprits dans un même diapason, sont vécus dans l’indifférence totale pour les uns et dans la communion pour les autres.


Ce fut le cas lors des festivités du sommet de l’Union africaine pour lesquelles, les partisans de l’opposition, ont considéré que cet événement est une affaire du pouvoir et d’une catégorie des nigériens.


Avant cela, beaucoup ont remarqué que l’opposition, a brillé par son absence à l’occasion de la plupart des fêtes de la république organisées dans plusieurs capitales des régions et ce pour les mêmes raisons invoquées plus haut. Ses militants ont adopté la même attitude parce qu’ils disent ne plus se reconnaitre à travers toute « fête étatisée ».


En ce jour de 03 août 2019, le constat mérite plus qu’un cri d’alarme, car c’est quasiment une forme de boycott que plusieurs nigériens ont observé.


Jamais dans l’histoire sociopolitique de ce pays, l’on a vécu une telle galère sociale aggravée par une tension politique, comme sous le régime en place.


Voilà plus de 7 ans que cette situation perdure, nous pensons qu’il est grand temps pour le pouvoir de transcender ses égos pour créer les vraies conditions d’une réconciliation avec une bonne partie du peuple qui se sent délaissée et méprisée.


Le mépris d’Etat qu’affichent ces dirigeants mus par une outrecuidance et l’indifférence des opposants face aux préoccupations nationales doivent cesser à jamais.


Nul ne peut avoir le sentiment de gouverner un peuple dans la division et le mépris, en tout cas pas dans un pays comme le Niger qui vit depuis un moment des pires épreuves de son évolution socioéconomique et politique.