Bazoum Installation Ceni 02

La composition de la nouvelle Commission électorale nationale indépendante du Niger commence à susciter des inquiétudes au sein de l’opinion publique internationale. La raison : Absence de consensus entre le pouvoir en place et l’opposition dans le choix des membres devant animer cette institution désormais permanente.

En effet, si l’on en croit une source digne de foi, l’ONG américaine, National Democratic Institute (NDI) aurait entrepris des démarches qui puissent permettre à l’avenir de tenter un rééquilibrage de la Ceni dont les membres viennent d’être installés, il y a moins d’un mois.

En prélude à cette éventualité, le NDI aurait engagé il y a quelques jours des pourparlers avec les différents acteurs de la vie politique nigérienne. La Ceni a comme principales missions l’élaboration d’un fichier biométrique ainsi que l’organisation des élections générales de 2021 qui s’annoncent très corsées.

Selon notre source, les partis politiques de l’opposition considèrent que le processus qui a abouti à la mise en place de la commission électorale est biaisé sur toute la ligne, accusant dans le même ordre d’idée le régime de se mettre dans la logique d’une fraude électorale en imposant au sein cette structure permanente des personnes acquises à la cause du principal au pouvoir, n’a cessé de rappeler l’opposition politique nigérienne.

Dans une récente déclaration publique, le Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la république (FRDDR) a rejeté cette « Ceni dans sa forme actuelle » car selon la coalition des partis de l’opposition, la Ceni a été «conçue de toutes pièces (…) » grâce à une « loi électorale non consensuelle » et son installation est « un non-événement» considèrent-ils.

Toujours selon notre source plusieurs partis de la majorité au pouvoir ne sont pas d’accord avec la configuration de cette CENI, qu’ils jugent eux-mêmes acquise à la cause du parti au pouvoir le PNDS-Tarayya, bien qu’ils n’aient pas eu jusque-là le courage de le dire publiquement, a déploré notre source.

Le fait qu’une ONG américaine comme le NDI prenne en charge cette question est un pas de gagner pour l’opposition nigérienne qui aura désormais le sentiment d’avoir à ses côtés un partenaire de taille dans son combat pour la défense de la démocratie.

Le NDI est présent au Niger depuis plusieurs années et a pesé de tout son poids dans la conduite de tous les processus électoraux. A coup sûr sa démarche sera soutenue par des partenaires au développement comme l’OIF, l’Union européenne, le Pnud, pour ne citer qu’eux, qui auront leur mot à dire dans la gestion de ce conflit électoral en gestation.