samedi, 20 avril 2019
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MassaoudouChassé du gouvernement tel un paria, il y a juste un mois pour avoir transgressé la discipline du Pnds, principale formation politique au pouvoir dont il est le secrétaire général, l’ex-ministre des finances a pu se faire pardonner, d’après les dires des uns et des autres. Ceci n’a été possible que grâce à une médiation qu’aurait initié un collège des chefs traditionnels, qui aurait réussi à faire entendre raison aux principaux caïds du parti rose.

 

En effet, si tant est que le renvoi de Massaoudou Hassoumi du gouvernement était vu à l’époque comme une sanction normale face à l’incurie dont il a fait montre, pourquoi tout ce tohubohu ? Devrait-on même parler de pardon si le chef de l’exécutif a agi en toute responsabilité ?

Néanmoins, quelques femmes et jeunes du parti rose ainsi que d’autres inconditionnels du régime « Guri », ont fait sienne cette prouesse et jubilent sans cesse autour de ceux qu’ils appellent « réconciliation » entre ces deux personnages qui avaient pourtant été complices l’un pour l’autre, depuis l’accession du Pnds au pouvoir en 2011.

Directeur de cabinet du président de la République, Ministre de l’intérieur, Ministre de la défense, Ministre des finances, Massaoudou a eu raison de croire qu’il peut succéder à Issoufou, tant le parcours qui est le sien n’a pas d’égal au sein du présidium du parti, la redoutable officine politique qui conduit des mains de fer les affaires du parti rose, à l’image des sectes totalitaires contemporaines. En faisant cavalier seul et sans demander la bénédiction du grand timonier, Massaoudou Hassoumi l’a vécu à ses dépens.

Comme tout le monde le sait, quand Issoufou s’enflamme, le présidium court dans tous les sens pour calmer sa colère, quitte à se faire harakiri. En refermant la porte du bonheur sur Massaoudou, le présidium du Pnds n’a fait que ce à quoi s’attendait le Boss des Boss. En réalité, ce n’est pas le présidium qui a châtié mais Issoufou lui-même qui a sévit en se servant d’une officine qu’il n’a jamais lâchée, en dépit des hautes fonctions de chef d’Etat qu’il assume et sans se soucier de son serment coranique.

Il aura donc simplement fallu à Massaoudou, de se plier à quatre et renoncer à son rêve de devenir Président de la République, pour que tout rentre dans l’ordre. Le feuilleton Massaoudou n’aura donc duré que le temps d’un feu de paille, point donc de penser qu’un tel incident peut être porteur d’un salut ultime auquel appelle de tout son vœu, une opposition qui vit dans l’hypnose, incapable de moindre initiative depuis deux ans et murée dans une sorte de « tour de babel » où les différents acteurs n'arrivent pas à accorder leurs violons du fait qu’ils ne parlent pas tous le même langage politique.

La force de la discipline du parti rose tant clamé par les militants du Pnds et leurs affidés aura donc triomphé sur les espoirs des opposants au régime qui, misent depuis un an sur une éventuelle dislocation du parti d'Issoufou, pour enfin s’emparer des rênes du pouvoir en 2021.

Penser comme cela relève d'une pure illusion de l’avis de certains observateurs qui, assimilent le feuilleton Massaoudou à une réelle mise en scène, voire une diversion, montée de bout en bout par les dignitaires du régime pour se jouer de leurs adversaires dont la vie politique est rythmée depuis deux ans à partir des faux événements politiques savamment orchestrés.

L’un dans l’autre, l’exécutif semble tirer grand profit de ces « faux » ou « réels » scénarios de crises, puisqu’il réussit à chaque fois à faire oublier, un tant soit peu, son incompétence dans la gestion des affaires publiques et ses principales tares.

Il y a eu moins de bruit au sein de l’opinion par rapport à la présence des bases militaires étrangères ou sur la révision du code électoral, peu ou pas du tout de dénonciations sur les affaires de corruption, de détournement des deniers publics, de l’injustice sociale, de trafic d’influence, de trafic de drogue, etc. Pourtant, les tendances se seraient allées en s’aggravant durant ce laps de temps.

Pour faire clair, le régime « Guri » réussira au gré de cette fameuse « paix des braves », à déconstruire les opinions figées à son encontre et servies par une certaine opposition, en manque d’inspiration. Il ne reste plus pour Issoufou et ses proches de foncer droit dans leur logique visant à conserver le pouvoir contre vents et marrées.

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